[compte rendu] L’expo du dimanche : muséogames

Dimanche dernier, alors que la pluie s’invitait à notre week end en région parisienne, nous avons été faire un tour à Paris au Musée des arts et métiers (60 rue Réaumur, 75003 Paris) pour visiter l’exposition temporaire consacrée aux jeux vidéo : Muséogames [une histoire à rejouer]. Et comme il est justement question de (re)jouer, les visites se déroulent par session pour éviter d’accueillir trop de monde par rapport aux nombres de machines.

museogmaes

Il faut compter en gros une heure et demie pour une session (même si on n’est pas mis dehors à coups de pieds, loin de là), et cette heure et demie est largement suffisante pour voir et toucher à tout sans pour autant qu’on trouve le temps long. De ce côté là, les organisateurs ont assuré. Et puis, des sessions pour un truc sur les jeux vidéo, c’est complètement dans le ton!

Première bonne nouvelle : les tarifs de l’expo ne sont pas prohibitifs. En effet, à 5,50 € le plein tarif, ça reste accessible. Et pour peu qu’on ait le droit à un tarif réduit, cela tombe à 3,50 €. Et la deuxième bonne nouvelle, c’est que les étudiants, enfants et autres habitués des tarifs réduits ne sont pas les seuls à pouvoir en profiter : les détenteurs de carte FNAC y ont droit eux aussi! Une très bonne surprise (et une bonne chose de se balader avec sa carte sur soi!)

Une fois nos billets achetés (pour la session de 13H00), on tourne un peu dans la boutique de souvenirs où le geek moyen n’aura finalement pas trop de mal à se retenir d’acheter des conneries. Forcément, un T-Shirt avec marqué Sega ou frappé du père Mario ou que sais-je encore, ça ne doit pas être évident d’avoir le droit d’en vendre. Du coup, il n’y a pas grand chose et le peu qu’on trouve est très générique. Pas de design de jeu vidéo mais qui font penser à des jeux vidéo…

N’empêche, des produits dérivés (à la con : T-Shirt, magnet, décapsuleur… n’importe quoi) avec pacman ou des invaders, c’est quand même plus sympa que des trucs « style jeux vidéo« … Et il y a beau avoir une game gear et quelques jeux master system dans une vitrine, ils ne sont pas à vendre. Ils auraient dû s’associer avec easy cash, cash converter ou n’importe quel cash machin pour mettre plein de vieux jeux à vendre!

Un peu avant l’heure de notre session, on peut enfin passer la petite barrière (bon, en fait, on pouvait déjà avant, mais c’était interdit quoi!). On est accueilli par une vidéo qui tourne en boucle sur un écran et dans laquelle on nous explique grosso modo ce qu’est le jeu vidéo, son évolution et que oui, les gens qui jouent à la Wii ou même à Farmville jouent à des jeux vidéo.😛

Un peu plus loin, un autre écran diffuse une vidéo traitant du jeu vidéo « à la française » avec quelques uns de ses représentants les plus connus, David Cage et Frédéric Raynal en tête. Le montage est assez curieux puisqu’il met bout à bout les phrases d’une demi douzaine de personnnes, comme s’ils lisaient tous un seul et même texte alors que ce n’est pas du tout le cas. Un choix d’autant plus étrange qu’il s’agit manifestement d’interviews séparées et qu’on a régulièrement des sauts chronologiques d’une phrase d’un intervenant à l’autre… Par ailleurs, le son est assez bas sur cet écran, ce qui rend la vidéo difficile à écouter, d’autant plus qu’elle est assez longue.

Sur les murs de la pièce, comme un peu partout dans le musée, on peut lire des définitions de concepts propres au jeu vidéo, des citations et autres petites choses sympathiques. Malheureusement, le rendu visuel et le design a largement pris le pas sur la lisibilité, les différents éléments étant collés les uns à la suite des autres, avec comme seul séparateur une alternance des types et des tailles de polices… Un choix assez regrettable.

On arrive ensuite dans une petite pièce avec en face de nous un couloir permettant d’accéder à la première salle interactive. Quelques dizaines d’écrans encadrent ce couloir, chacun diffusant en boucle un florilège des jeux les plus marquants de l’histoire du jeu vidéo. De Frogger à Super Mario Bros, en passant par Golden Axe, R-Type, Shinobi et tant d’autres. Tout ce petit monde tournent en boucle sur tous les écrans dans un joyeux bordel ambiant. Et là, devant tous ces petits bijoux se pose une question : mais pourquoi avoir choisi des écrans LCD 16/9 (ou 16/10?) pour faire afficher ces images??? Bon, le choix du LCD, je peux comprendre : ça prend moins de place, c’est beaucoup plus facile à trouver (et sûrement un tas d’autres raisons). Prendre un écran au format 16/9, je peux le comprendre aussi, après tout, on ne trouve plus grand chose d’autres maintenant en neuf. Mais dans ce cas, il aurait au moins fallu éviter d’afficher les images en plein écran! Parce que Pole Position, Donkey Kong et compagnie en écran large, ça fait mal aux yeux😥 Le pauvre Joe Musashi avait l’air d’avoir trop mangé de cookies pendant ses périodes de pause! Dommage…

Dans le couloir suivant, on peut voir à droite et gauche des consoles et micro plus ou moins vieux, ainsi que les boîtes qui vont avec ainsi que pas mal d’accessoires. Et comme dit Marie Dauphin, « on pousse des cris, on s’émerveille » : « oh, je l’avais (et je l’ai toujours) celle là!!« .

Bon, c’est vrai, il y a des trucs comme Simon ou des dictées magiques like dont on n’a jamais pensé que c’était des jeux vidéo à l’époque, mais ce n’est pas trop grave après tout. Ce qui l’est plus (même si ce n’est pas dramatique), c’est que tout ce petit monde soit empilé derrière un grillage au lieu d’être vraiment exposé). Et cela sans aucune organisation particulière – ni chronologique, ni alphabétique…

Parmi toutes les choses qu’on peut voir, il n’y rien de très exceptionnel mais quelques trucs bien sympathiques tout de même. Avec une mention spéciale pour le « rumble back pack » (enfin, ça, c’est le nom que je lui donne😀 ) qui permet de ressentir ses jeux (Megadrive ou SuperNES) comme jamais!!! La classe! Et tout ça dans les années 90🙂

En sortant du couloir, on débouche dans la salle interactive N°1. Ici, une vingtaine de consoles sont branchés sur des écrans (LCD encore une fois, mais pas 16/9 cette fois, c’est déjà ça), et, pour que tout le monde puisse en profiter, l’image est aussi projetée sur les murs tout autour de la pièce. L’ambiance qui en résulte est assez sympa, et sous chaque projection, un petit carton rappelle le nom du jeu et le système sur lequel il tourne ainsi que sa date de sortie, tandis que sur la table trône(nt) la ou les manettes correspondantes, accompagnées d’une petite plaquette décrivant succinctement le jeu.

Dans la salle tournent côte à côte dans la joie et la bonne humeur une Dreamcast, une N64, une NES, une saturn, une super NES, une PlayStation, une Jaguar, une NeoGeo ainsi que d’autres reliques. On avait même le droit à une Super Game Boy.

À part une ou deux machines dont les manettes étaient invisibles (au moins l’une d’elle n’était pas réelle d’ailleurs, l’écran étant relié tout simplement à un bête lecteur DVD), tout marchait sans aucun problème et c’était vraiment plaisant de naviguer au milieu de tout ça, tantôt spectateur, tantôt joueur.

museogames 1

Parmi les petites choses que j’ai trouvé sympathiques, il y eu le fait de toucher l’énorme manette de la Jaguar (avec tous ses boutons!!!) avec un Rayman vraiment agréable à regarder. Et cette manette est étonnamment correcte… Il y avait aussi un Sega Rally sur Saturn, à la physique toujours aussi impressionnante. Tellement meilleur que les suites dont il a été affublé… Et un Metal Slug sur NeoGeo qui m’a permis d’essayer la (fameuse) manette NeoGeo avec le pad microswitch. Manette vraiment agréable même si les boutons ne sont pas incroyablement réactifs, le pad, lui, est une petite merveille.

Il y avait également un Tekken. Et que dire d’autre que « OMG, Tekken!!! » Ça m’a fait bien marrer de le revoir celui-là. Les années ne l’ont pas épargné! Sinon, on trouvait un petit REZ, et ce bon vieux Golden Eye était là lui aussi. Après un petit coup de Missile CommandPacman et donkey kong, on est fin prêt à quitter la pièce. Finalement, seul Okami sur PS2 faisait la grève et affichait un écran figé (ah, la PS2, toute une histoire😛 )

museogames 2

On s’est bien amusé dans cette salle, le seul regret que j’ai finalement c’est qu’encore une fois, on n’avait pas du tout l’impression d’être dans un musée. Pas de chronologie dans la disposition des jeux, pas d’histoire ni d’évolution racontée au fil des pixels et de leur augmentation… Alors qu’il y avait clairement la matière pour! Bon après, chacun pourra regretter l’absence de tel ou tel jeu, mais bon, soyons réaliste, il faut faire un choix et celui proposé ici était vraiment bon.

Après un dernier regard sur la pièce, on peut accéder à la deuxième et dernière pièce : celle où se trouvent les bornes d’arcade.

museogames 3

Cette dernière salle n’est pas très grande et il n’y a que quelques bornes dedans. Enfin, quelques, c’est quand même 9. Par contre, j’ai l’impression qu’on a perdu des gens sur le trajet parce qu’il y a beaucoup moins de monde dans cette salle que dans la première… C’est vrai qu’on visite au rythme qu’on veut mais tout de même, je me demande si tout le monde s’est rendu compte de l’existence de cette deuxième salle, son entrée n’étant pas visible au premier abord… Enfin, nous, on en a bien profité!

A l’entrée de la pièce, on tombe sur une Space Invaders, avec l’écran qui se réfléchit dans un miroir et pas de stick ( = un bouton pour se déplacer à droite et un bouton pour se déplacer à gauche en lieu et la place du stick). Et honnêtement, Space Invaders, ça a beau avoir quelques années, c’est toujours aussi sympa! Ça donne même envie d’avoir une borne comme celle là🙂

Juste à côté de la Space Invaders, une borne avec un jeu mettant en scène des pingouins (ou des manchots?) que je ne connaissais pas. Et qu’on n’a pas essayé puisqu’il n’y avait pas de crédit (et qu’on ne pouvait pas en mettre). On est donc passé rapidement à celle d’à côté qui était une borne franchement originale. Et pour cause, une borne holographique, ça ne court pas les rues!

Le jeu en question se nomme Time Traveler et tourne sur laserdisc stéréographique dans une borne de Sega appelée « hologram« . Et effectivement, le rendu est vraiment incroyable quand on est bien placé! Le jeu en lui-même est une succession de séquences interactives au rendu réaliste (à base de séquences de film) dans lesquelles on doit matraquer le bouton au bon moment pour sauver le héros des dangers qui surgissent devant lui. Un jeu au goût de QTE, bien que les touches n’apparaissent pas à l’écran.

Un peu plus loin se trouvait la deuxième borne inutilisable : une NBA hang time 4 joueurs sur laquelle était collée une horrible affichette signifiant qu’elle était HS.😦

La borne suivante n’a que peu retenu mon attention et pour cause, si Police Trainer est un gun shooting, dans ce jeu, on est amené à tirer sur des cibles pour prouver/faire progresser son adresse. Curieuse idée que de tirer sur des trucs au lieu de tirer sur des gens ou des zombies et autres monstres… En tout cas, moi, ça m’emballe à peu près pas du tout! De toute façon, une femme et son fils l’ont squatté pendant très (très très) longtemps.

Qu’à cela ne tienne, la borne d’à côté était beaucoup plus intéressante : une outrun upright🙂 Et si on n’entendait pas très bien le son mythique qui va avec ce jeu, par contre, on sentait super bien le retour de force du volant de la borne! Quand on se mange un gadin en jouant avec cette borne, c’est difficile de passer inaperçu dans la pièce où on se trouve avec le bordel que ça fait! Par contre, conduire debout est assez fatiguant, surtout pour le pied qui gère les pédales (bah, oui, faut bien se trouver des excuses🙂 ) Pour le reste, ben c’est outrun quoi🙂

En continuant le tour de la pièce, on arrivait sur une borne abritant un jeu nommé Radikal Bikers; une borne avec un guidon qui vous fait prendre les commandes d’un scooter et vous envoie livrer des pizzas. Plutôt moche, assez rigide et à la difficulté élevée, un petit tour reste assez sympa et finalement assez physique.

Les deux dernières bornes sont plus classiques : deux bornes génériques japonaises embarquant pour l’une Super Street Fighter II X : Grand Master Challenge – la version jap de Super Street Fighter 2 Turbo – (dans une Super Neo 29 il me semble) et pour l’autre Donpachi (dans une Astro City 2 en tate bien sûr)

Super Street Fighter II est toujours égal à lui même et une petite partie ne se refuse pas. Plusieurs petites parties non plus d’ailleurs. Pour ma part, j’ai toujours autant de mal à sortir des shoryuken (va vraiment falloir que je bosse ce truc!) et les gens n’aiment toujours pas Blanka et son côté électrique (huhu). Par contre, il n’y a pas à dire, c’est quand même sympa de pouvoir donner des coups de pieds dans ce jeu! (vivement que je reçoive mon kick harness!) Le seul problème dans ce jeu finalement, c’est qu’on se tape (preque?) toujours une couleur de merde sur son personnage dans ce jeu. Je me demanderais toujours ce qui est passé par la tête des gars de chez Capcom à ce niveau là à l’époque… Toutes ces couleurs improbables (et à l’association d’un goût douteux…)… Enfin, le jeu reste excellent, mais quand même, on a plus la classe dans sa pose de victoire quand notre personnage n’a pas été peinturluré par un gamin de maternelle avec ce qui traînait à sa portée!😀

L’Astro City 2 quant à elle avait un petit problème de panel (mal fixé en bas, et en plus, le player 1 était câblé sur les boutons 1 & 3 tandis que le player 2 l’était en 1&2???), mais Donpachi était complètement jouable (pour peu qu’on ne matraque pas le bouton crédit😛 – d’ailleurs, un petit encart engageait les gens à y aller mollo sur le bouton de crédit pour éviter de bloquer le jeu😉 ) Du bon « vieux » Danmaku comme on l’aime, avec des boulettes partout. Et déjà tout seul, ce n’est pas facile d’esquiver tout ce qui nous arrive dessus, mais à deux (amateurs), c’est encore plus dur puisque régulièrement, on se fait pousser par le vaisseau de son partenaire! (c’est marrant d’ailleurs, le masque de collision est beaucoup plus important entre amis qu’entre ennemis!)  Et pour ceux qui se poserait la question, non, un écran de cette taille là n’est pas trop grand quand on est assis aussi près🙂

Et voilà, après donpachi, la visite est terminé (bon, en vrai, on a continué à tourner dans la salle avec les bornes comme on l’avait fait dans la salle des consoles)

Je sais que je fais pas mal de critiques négatives dans ce compte rendu, mais il ne faut pas que cela vous décourage d’aller faire un tour à l’exposition. On passe vraiment un bon moment en ne sachant plus trop où donner de la tête. Oui, il y a des manques et des déceptions, mais ça reste une très chouette expérience. Preuve en est le peu de photos que j’ai prises, bien trop occupé à passer d’une console (ou d’une borne) à l’autre!

Le plus décevant, avec les écrans en mode 16/9, c’est finalement que Muséogames n’est pas un musée. Et même si on le savait déjà (en tout cas, c’est toujours ce qu’on dit les organisateurs), ça reste dommage. D’ailleurs, c’est une exposition! Pour schématiser, ne vous attendez pas à traverser l’histoire des jeux vidéo, mais plutôt à entrer dans une sorte de hangar caverne-d’ali-babesque!

Publié le août 20, 2010, dans Jeux Vidéo, et tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. A côté de Muséogames, le Musée du Jeu Vidéo a des airs de papa là où le premier est encore bien jeune à mon goût. Mais saluons quand même l’intention et le travail de compilation. Ceux qui ont pu faire les 2 expos, vous avez un avis comparé ?

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