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[critique] Ash Vs. Evil Dead – Saison 3

En m’attelant à cet article, je me suis rendu compte que j’avais complètement zappé de faire une article sur la saison 2 de cette série! C’est fou d’être aussi distrait!

Bref, tant pis, ce sera pour une prochaine fois puisque ici nous allons nous intéresser à la 3ème et dernière saison de cette série peu banale, Ash vs. Evil Dead diffusée à la fin de cet hiver aux US sur Starz Originals et en quasi-simultanée en France sur OCS et qui est maintenant disponible à l’achat sous tout un tas de formes.

La première saison m’avait ravi, la seconde saison était très bonne bien que globalement un peu en dessous, mais avec quelques épisodes tout bonnement extraordinaires, notamment vers la fin. C’est donc avec un certain enthousiasme mêlé d’angoisse que j’ai attaqué cette saison 3. Pour ceux qui l’ont vue, rappelons-nous que la toute fin de la saison 2 (l’ultime partie du dernier épisode) offrait un dénouement étonnant et un peu incongru, fruit d’un désaccord majeur entre le showrunner et la production. Pour plus d’infos à ce sujet, je vous invite à regarder cette vidéo très intéressante :

Si vous ne le saviez pas déjà, cette troisième saison sera la dernière pour Ash vs. Evil Dead, et si on peut être déçu par une telle nouvelle, on peut se réjouir que d’une part l’équipe ait senti le coup venir dès le début de la « fabrication » de la saison et que d’autre part, la décision ait été prise avant la fin de la saison. Ces deux éléments permettent à Ash de tirer sa révérence d’une façon pleinement satisfaisante et qui lui correspond bien.

Mais avant d’en arriver là, que vaut cette troisième saison? Et bien, le début est un peu poussif, il faut bien l’admettre.

Ash vs Evil Dead - saison 3 - grand opening

L’histoire se relance comme elle peut en se basant sur la fin de la saison précédente et ça ne se fait pas tout seul.

On retrouve notre Ash, nouveau héros de la ville, près à ouvrir son propre magasin de tout et n’importe quoi (de la tronçonneuse aux sextoys en passant par les chips…) en grandes pompes. Après avoir été toute sa vie traité comme un paria dans cette même ville, vous n’aurez aucun mal à imaginer à quel point Ash se délecte et jouit d’un tel retournement de situation!

Pablo, lui, vend des fish’n chips devant le magasin de Ash tandis que Kelly a pris ses distances avec le groupe et officie plus ou moins comme videur dans un bar quand elle ne cherche pas des crosses à plus dangereux. Évidemment, on retrouve aussi Ruby qui est toujours à la poursuite du Necronomicon. Rien de bien nouveau dans l’absolu. Et puis arrive une femme prétendant être l’épouse de Ash et qui lui demande son aide pour aider leur fille enlevée par des démons. Parce que les démons sont de retour (et ils ne sont pas contents!). Horreur, frisson, morts sanglantes, et hop, voilà la machine relancée avec en bonus un membre des Chevaliers de Sumeria (une secte vénérant le sauveur, Ash) que nous ramène Kelly d’une de ses virées…

Ash vs Evil Dead - saison 3 - Tiger

Une fois tout ça posé (et digéré), les autres épisodes arriveront à se rapprocher du rythme auquel nous avait habitué la série jusque là, voire à le retrouver. Toujours très inventive dans sa manière de faire gicler le sang (ou autres choses), mais aussi dans la mise en scène et l’entremêlement des styles d’horreur, la série n’a pas peur d’exploiter ses idées jusqu’au bout. On attache donc sa ceinture pour vivre de véritables montagnes russes dont on connait déjà la recette sur le bout des doigts : du gore, de l’humour et une maîtrise de l’univers et des personnages extrêmement poussée. Et des acteurs qui se donnent à fond.

Comme pour les 2 saisons précédentes, cette saison 3 garde le format de 10 épisodes de 30 minutes, conférant à l’ensemble un rythme parfois presque effréné. Et encore une fois, ce format fait mouche, nous évitant des longueurs inutiles, voire des épisodes entiers à l’intérêt discutable.

Ash vs Evil Dead - saison 3 - Team UpLe trio original (Ash, Pablo, Kelly) fonctionne toujours aussi bien, tout autant grâce à l’écriture qu’à la performance des acteurs. Dana DeLorenzo et Ray Santiago sont très engagés et réussissent, encore une fois à véritablement donner vie à leur personnage qui ne manque ni l’un ni l’autre d’aventures et d’évolutions dans cette saison 3. Quant à Bruce Campbell, il est ici comme un poisson dans l’eau, extraordinaire looser magnifique, héros malgré lui et presque à l’insu de son plein gré comme dirait l’autre…

C’est d’ailleurs l’intégration de nouveaux personnages qui permet au trio de fonctionner aussi bien que dans les saisons précédentes en apportant un peu d’air à l’ensemble, permettant aux différents membres du groupe de suivre parfois leur propre chemin. En tête de cette liste, la fille de Ash, Brandy jouée par Arielle Carver-O’Neill qui arrive à se glisser dans ce groupe de façon épatante!

Au final, seul le personnage de Ruby est sous exploité, ce qui est d’autant plus dommage que le potentiel était bien là. Il s’agit sans doute d’un sacrifice consenti pour éviter de rejouer les mêmes séquences que dans les 2 saisons précédentes… Évidemment, ça n’empêche pas Lucy Lawless de briller dans son rôle!

Ash vs Evil Dead - saison 3 - Fucked upPlus fine et plus profonde qu’il n’y parait, l’histoire permet à Ash Williams d’évoluer, de grandir, en prenant ses responsabilités, en acceptant son sort et en décidant de son destin.

Héritage, devoir et aspirations, tout cela est au centre de cette dernière aventure, qui malgré son rythme frénétique prend le temps qu’il faut pour dire les choses (sans avoir non plus la prétention d’être un traité de philosophie). Ash reste Ash et il n’est pas question de le travestir en Superman, bien au contraire. Aller de l’avant, construire un futur sans renier son passé. Et c’est d’ailleurs autant vrai pour Ash que pour Evil Dead.

Avec cette saison 3, Ash vs. Evil Dead réussit un tour de force et surtout nous offre ce que peu de séries à succès savent faire : partir sur une note haute. Avec son écriture de haut niveau, sa mise en scène enlevée et sa grande maîtrise d’exécution, Ash vs. Evil fait un dernier tour de piste extrêmement jubilatoire et nous offre le chant du cygne d’un anti-héros valeureux, attachant et tellement charismatique.

Ash vs Evil Dead - saison 3 - Fuck U

Par delà les déferlements de sang, les membres coupés, les punchlines bien senties et la folie ambiante, ce final en forme de feu d’artifices est sans aucun doute ce qu’on pouvait espérer de mieux pour la sortie de Ash. Oui, la fin est ouverte mais c’est finalement assez logique. Qu’est-ce qui pourrait bien arrêter Ash Williams? Infatigable, inarrêtable, indestructible… Ash tient décidément du Terminator!

Sa mission est terminée, les arcs narratifs entamés ont trouvé une conclusion… En deux mots, on a eu ce qu’on attendait et Ash, lui, est prêt pour de nouvelles aventures. Encore plus folles. Encore plus improbables. Encore plus sanglantes. Et encore plus groovy!

Et finalement, quand on y pense, plus de trois décennies après le début de ses aventures, il apparaît comme une évidence de qu’Ash tire sa révérence après 3 saisons de cette série. Après tout, ses aventures filmiques s’étaient arrêtées après le 3ème volet

Une excellente série qu’on prendra plaisir à voir et revoir, d’autant plus qu’il ne faut « que » une petite quinzaine d’heures pour tout s’envoyer du début à la fin! Allez, pour une vingtaine d’heures en tout, je vous mets les films avec!

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[critique] Star Wars, épisode VIII : Les Derniers Jedi

J’ai enfin vu le dernier épisode en date de Star Wars, Star Wars, épisode VIII : Les Derniers Jedi. Près de 5 mois après la sortie du film au cinéma. D’ailleurs, en y réfléchissant, c’est le premier film Star Wars que je ne vois pas au cinéma depuis 1999 (avec Star Wars, épisode I : La Menace fantôme). J’avais prévu de le voir à sa sortie et tout un tas de raisons indépendantes de ma volonté ont fait que ça n’a pas pu être possible. Qu’à cela ne tienne, tout est maintenant rentré dans l’ordre. Et je dois dire que je suis sorti de cette séance avec un goût amer dans la bouche.

Star Wars 8

Parce que ça va faire vieux con mais malgré les critiques dithyrambiques (et ce n’est rien de le dire!) à son sujet, je suis sorti de cette séance avec un avis partagé. Je ne savais pas si j’avais trouvé le film « plutôt mauvais » ou « nul« . Et autant dire que du coup, ça risque de spoiler un peu dans la suite de l’article!

Au delà de l’histoire que j’ai trouvé mal construite, notamment avec l’escapade sur la planète casino qui n’a aucun sens dans le cadre d’un siège (puisque c’est de ça qu’il s’agit), il y a tellement de choses qui m’ont énervées, tellement de choses qui sont salies et détruites dans ce film que je n’ai pas passé un bon moment.

Quand l’épisode VII se contentait de décalquer l’épisode IV sans trop d’originalité, il avait réussit à nous réjouir en nous remontrant un univers plus vu au cinéma depuis longtemps et en évitant de faire n’importe quoi ou pire. Au final, le sentiment d’avoir évité la catastrophe prenait le pas sur les qualités et défauts réels du film.

Rogue One de son côté nous proposait de répondre à des questions que personne ne s’était jamais posées mais nous donnait l’occasion de revoir les designs originaux dans de nouvelles situations. Et s’il y avait beaucoup trop de Force dans ce film pour un truc qui se passe quelques minutes avant l’avant l’épisode IV, il a su nous offrir une séquence d’anthologie avec un Dark Vador qu’il ne faut pas emmerder.

Ces deux films, malgré leurs défauts et les incohérences qu’ils introduisaient dans la saga tentaient de respecter un minimum le matériau de base et surtout tentaient de garder une certaine cohérence lors du visionnage.

Star Wars 8Les derniers Jedi, lui, ne fait pas cet effort. Tout un tas de choses ne collent pas et choquent pendant le film. Et tout ça sans grande originalité non plus puisque certaines séquences sont tellement calquées sur les anciens films que ça fait peur. À commencer par le final sur la fausse Hoth, durant lequel on passe son temps à se dire qu’on passerait du meilleur temps à regarder l’Empire contre attaque!

On a détruit trois planètes dans le dernier film et la république est à l’agonie! Tout ça tient dans une douzaine de vaisseaux à tout casser!

Personne ne croit plus au Jedi et à la Force alors que Leia se la joue Superman dans l’espace! Et pas qu’à moitié!

Star Wars 8Kylo Ren et Rey qui sortent d’une pseudo impasse mexicaine et qui s’allient pour péniblement défaire une dizaine de gardes impériaux!

Snoke qui se fait non seulement posséder comme un débutant mais qui en plus meurt (comme une merde qui plus est)!

La confrontation artificielle entre la vice-amirale et Poe! Sans raison, juste comme ça, parce qu’il en faut une! Comme le fait de cacher son plan. Et aussi le sacrifice de la vice-amirale qui n’a aucun sens non plus dans un monde qui grouille de droids plus ou moins anthropomorphes! En fait tout ce que touche la vice-amirale pue un peu la merde en fait…

Les fantômes Jedi qui peuvent intervenir physiquement! À grand coup d’éclairs qui détruisent tout! C’est vrai que jusque là, il n’y avait aucune raison de faire ce genre de choses. Mais détruire un arbre bibliothèque, ça c’était important!

Et je ne parle pas du traitement infâme de Luke Skywalker, de la grotte du côté obscure qui n’est qu’un palais des glaces de la foire du trône, ou du concept de détruire un vaisseau en passant dedans en vitesse lumière… On se demande pourquoi on se fait chier depuis tout ce temps à désactiver des boucliers à la main et à viser des trucs minuscules pour faire péter des étoiles noires en sacrifiant tout un tas de gens! On n’a qu’à envoyer un kamikaze en vitesse lumière au milieu de tout ça, et pouf, plus d’étoile noire! Sans oublier la course à dos de chien géant, la mutinerie inutile, la romance express sortie de nulle part entre Finn et Rose, les autochtones sur l’île de Luke ou les Porgs… Putain les Porgs!!!..

Bref, croyez bien que ce film m’a énervé un certain nombre de fois bien calé que j’étais dans mon fauteuil… Et malgré tout j’ai quand même trouvé le temps long!

En fait, je suis presque tenté de dire que c’est le pire film Star Wars que j’ai vu de ma vie! Et pourtant j’ai vu les deux films des Ewoks!!!

Pour conclure, j’utiliserai les mots de ma femme (qui n’avait jamais vu Star Wars avant qu’on ne se rencontre) : « en fait, on dirait un peu une parodie »

Mais c’est tellement ça!

Star Wars 8

En tout cas, ce Star Wars Episode VIII aura au moins servi à quelque chose; me décider à arrêter d’aller voir des Star Wars au cinéma. Quand Disney a racheté son entreprise à Lucas, je pensais que ce n’était pas une mauvaise chose en soi, et qu’après la prélogie, il ne pouvait rien arriver de pire. Quand ils ont dévoilé leur plan, ça m’a paru excessif et je me suis dit que tout cela allait banaliser Star Wars jusqu’à le rendre quelconque. Un film par an pendant 10 ans, même 2 films par an maintenant, c’est un bon moyen pour essorer une licence jusqu’à l’overdose. Financièrement c’est indéniablement une stratégie payante (c’est le moins qu’on puisse dire). C’était d’ailleurs le sentiment qui prédominait pour moi en sortant de l’épisode VII. Un film sympathique, qui respectent les standards actuels mais qui ne marque pas plus que ça. Un film jetable de plus comme on en voit tant depuis quelques années. On le voit, on l’apprécie sur le moment et on l’oublie pour passer au suivant. Les derniers Jedi passe au niveau supérieur en rendant selon moi obligatoire l’oubli pour apprécier le film (et encore!). C’en est trop pour moi. Je continuerai probablement à suivre ce que devient Star Wars de loin, mais surement pas en payant des places de cinéma!

[critique] Orion – Masamune Shirow

Orion (ou Senjutsu Chōkōkaku Orion de son titre original) est un manga de Masamune Shirow sorti à la fin de l’année 1991 au Japon. Quand il sort ce manga, Masamune Shirow n’en est pas à son coup d’essai car il est déjà l’auteur d’Apple Seed et de Ghost in the Shell, ce qui, il faut l’avouer, permet de se la péter un peu en société!

Orion - Tome 1 (Senjutsu Chōkōkaku Orion)

One shot en deux volumes, Orion n’a pas eu le même succès que ses deux illustres ainés mais ça ne l’a pas empêché d’arriver jusque chez nous, et assez tôt qui plus est puisque c’est en 1994 et 1995 que les deux volumes dont il est question ici ont été édités par Glénat. D’ailleurs, ces deux tomes sont au format 195 mm x 293 mm avec une couverture rigide cartonnée, dans le style de ce qui avait été fait à l’époque pour Akira par Katsuhiro Otomo.

Pour ma part, c’est à cette période que j’avais lu cette histoire pour la première fois, ce qui, en passant, en fait surement un des premiers manga que j’ai dû lire. Et si je les ai acheté aujourd’hui (enfin, façon de parler, cet arrivage n’est évidemment pas d’aujourd’hui même, vous vous en doutez bien!), c’est que bien sûr, cela m’avait bien plu. Mais qu’en est-il après tout ce temps? La passion a-t-elle survécu? Cette histoire a-t-elle été épargnée par les années?

Orion - Tome 2 (Senjutsu Chōkōkaku Orion)

Et bien pas de faux suspens, la réponse est clairement oui. Cette œuvre est tout simplement une petite bombe. Injustement méconnue. Et c’est là où la rédaction de cet article se corse. Comment faire passer le plaisir, que dis-je, le bonheur que j’ai eu à (re)lire cette histoire alors qu’elle est globalement inracontable? Car Orion propose une histoire et un univers foutraques et foisonnants, un monde où science fiction et magie, religions et psychologie se mêlent et se mélangent dans lequel un esprit trop cartésien pourrait avoir du mal à entrer, et à un rythme qu’il peut être difficile de suivre. Bref, le genre de trucs « qui doit être bien à lire« … mais alors à expliquer/raconter…

Essayons tout de même.

Dans un univers futuriste dans lequel la magie a investi (si ce n’est remplacé) la technologie, le Docteur Hebime veut invoquer un naga à neuf tête pour incinérer tout le karma négatif du monde. Tout le monde n’est pas d’accord (sur la façon de faire) et il se heurte notamment au clan Fuze. Vaisseaux spatiaux, explosions dantesques, combats de soldats en armure, invocations et j’en passe; nous voilà au cœur d’un affrontement au milieu duquel on retrouve notamment Seska (la fille du chef du clan Fuze et accessoirement notre héroïne), le dieu Susano Orbatos et le docteur Hebime (et donc l’empire Sokoku pour lequel il bosse). Et ce que je vous raconte là n’est que la partie émergée de l’iceberg!

Et tout ça est bourré de technobabble scientifico-magico-religieux. On fait difficilement plus ésotérique! Et comme il se passe 1 million de choses dans ces 2 fois 216 pages, autant vous dire qu’il faut accepter de se laisser porter par l’histoire. Tenez-vous le pour dit, les explications sur les fonctionnements de ce monde seront au mieux succinctes (et parfois sacrément nébuleuses!).

Pourtant, la narration est excellente, portée par un dessin fabuleux et un charadesign de très bonne facture. Le trait est dynamique et le style sait s’adapter à la situation (comique/sérieux/grandiloquent/mystique…). Par ailleurs, les plans sont bourrés de détails et si on est parfois déboussolé par la succession d’événements, leurs pourquoi et leurs comment, on n’est finalement jamais perdu par ce qui se passe devant nos yeux (ébahis)!

Et c’est surement là le génie de Masamune Shirow (au delà du fait de super bien dessiner!) : il arrive à produire une histoire (et un univers) extrêmement dense (bordélique diront certains) qui semble partir dans tous les sens mais avec juste ce qu’il faut de maîtrise pour que ça tienne debout! Résultat, on est devant une aventure époustouflante, presque épuisante, dont on ne ressort pas complètement indemne. Un peu comme si on avait couru un marathon sur le rythme d’un sprint! Le rythme est effréné mais le jeu en vaut clairement la chandelle.

Moins cérébral qu’un Apple Seed et beaucoup moins qu’un Ghost in the shell, Orion est aussi beaucoup plus divertissant. Indubitablement un must have de mon point de vue, pour peu qu’on veuille bien se laisser happer par l’histoire et qu’on accepte ses contraintes.

 

[critique] Batman – Tome 3 – Le Deuil de la famille

Arrivage surprise pour mon anniversaire, cet album de Batman (Le deuil de la famille) est le tome 3 d’une série dont je ne possède pas le 2 premiers volumes! Heureusement l’histoire traitée dans les deux premiers volumes (La Cour des Hiboux et La nuit des Hiboux) se termine à la fin du 2ème volume. Ce tome n°3 peut donc se lire sans problème en ayant zappé les 2 premiers. Il y aura bien quelques références à l’aventure précédente, et même un ou deux spoils, mais globalement, Le deuil de la famille peut se lire comme un one shot.

batman tome 3

Et donc, de quoi parle-t-il ce tome 3? Et bien il parle du retour du Joker à Gotham City, et cette fois-ci le Clown Prince du Crime (oui, il est appelé comme ça régulièrement dans l’album et ça fait bizarre je trouve, comme une traduction trop littérale…) est décidé à détruire tous les associés qui collent aux basques de l’homme chauve souris! Il faut dire qu’avec le temps Batman a accumulé un sacré paquet de bonshommes en collants dans son entourage… Nightwing, Batgirl, Red Hood, Red Robin, Robin

Difficile d’en dire plus sans spoiler l’histoire, mais il faut savoir que le ton de l’album est extrêmement sombre. D’ailleurs on sent tout de suite que le Joker n’est pas là pour rigoler. Il faut dire que le fait de s’être fait arracher le visage il y a un an a dû un peu lui couper l’envie… Ce qui est bon dans cette histoire, c’est qu’on y voit un Joker particulièrement insaisissable, dont la folie est telle qu’on voit bien qu’il n’est pas un méchant normal. On n’est pas en face d’un énième plan dont le but ultime serait simplement de devenir riche et puissant. L’argent, le pouvoir, tout cela ne lui importe pas le moins du monde; en fait, ça ne l’intéresse même pas. Il est dans son monde, dans sa logique et il suit son plan.

batman tome 3 - planche

L’histoire servie dans cet album distille une tension comme on en voit rarement dans la bande dessinée et livre une vision délicieusement malsaine de la relation entre Batman et le Joker. On pourra regretter une fin trop classique (ce qui est malheureusement prévisible dans le milieu) mais cela ne suffit pas à gâcher le récit. Le voyage est plus important que la destination dit-on et c’est particulièrement vrai pour cet épisode de Batman. Qu’importe la conclusion, le très bon scénario de Scott Snyder et le dessin exceptionnel de Greg Capullo nous font vivre une histoire intéressante, inquiétante, palpitante et rafraichissante.

Apparemment, les tomes 1 & 2 sont encore meilleurs, il va falloir que je pense à me les procurer!

[critique] Deadpool – la nuit des morts vivants & le retour du Deadpool-vivant

Cela fait quelques temps que j’ai reçu ce Deadpool – La nuit des morts vivants (genre 4 mois!) et comme le père Noël m’a apporté sa suite (Le retour du Deadpool-vivant), je me suis dit que c’était une bonne occasion pour vous en parler!

Deadpool - nuit des morts vivants

Et autant le dire tout de suite, je ne comprends pas bien pourquoi cet album est si bien noté. Parce qu’en gros, on lit un peu partout qu’il est génial, voire que c’est du pur génie. Alors forcément, on y va un peu les yeux fermés

L’histoire a pourtant du potentiel, et est suffisamment débile et référencée pour aller comme un gant à ce bon vieux Deadpool! Jugez plutôt :

Après une violente indigestion, Deadpool sort du coma et découvre que l’apocalypse a eu lieu ! Les zombies ont envahi le monde… et le mercenaire ne souhaite pas finir dans leurs estomacs.

Et on suit donc un Deadpool qui déambule dans les rues à essayer de comprendre ce qui a bien pu se passer et à savoir ce qu’il peut bien faire maintenant.

Deadpool - lonely Le problème, c’est qu’on n’a rien de plus que ça. Comme nous, Deadpool passe un peu là dedans en spectateur, et plutôt sage en plus! Typiquement le genre d’histoire sympathique mais qui ne laisse aucune trace… La bonne idée gâchée par un manque d’ambition, où l’histoire reste engluée dans son pitch de base et dans les références (parfois un peu poussives) obligatoires. On se contente de dérouler le fil, sans implication, sans enjeu, sans grand chose en fait… Et tout ça sans la folie légendaire de Mr Pool… Pourtant il y a de bonnes idées, et graphiquement, c’est très bon, avec un choix au niveau des couleurs tout simplement excellent! Mais ça ne suffit clairement pas. Dommage, dommage…

Peut être que je suis un peu dur avec cet album et qu’une partie de ma déception est due aux critiques dithyrambiques qu’on peut lire à son sujet. C’est probable, mais malgré tout, la déception reste et La nuit des morts vivants est un Deadpool passable de mon point de vue.

Mais dans ce cas, pourquoi avoir acheté la suite? Et bien, d’abord parce que c’est le père Noël qui l’a choisi, donc un peu de respect s’il vous plaît! Ensuite, parce qu’il faut avouer que le point de départ est intriguant :

Deadpool avait trouvé la solution pour enrayer l’épidémie zombie : tout zombie qui dévorait Deadpool se transformait en Deadpool ! Un remède radical qui va engendrer quelques problèmes.

Bon, ok, ça spoile un peu mais bon, la couverture et le titre sont assez clairs quand même!

Le retour du Deadpool-vivant

Et j’ai trouvé ce deuxième volume bien meilleur que le premier. Avec une histoire moins convenue et moins classique (ou prévisible) et surtout avec un Deadpool (beaucoup) plus à son aise, cet album est beaucoup plus plaisant à lire, quand finalement on ne faisait pas beaucoup plus que simplement parcourir le précédent.

Et comme graphiquement, ce Retour du Deadpool-vivant est du même tonneau que son grand frère (donc un très bon cru), je n’ai au final pas grand chose à lui reprocher à part qu’il est un peu court et que certains passages sont un peu expédiés.

Quoiqu’il en soit, sans être du très grand Deadpool, Le retour du Deadpool-vivant est plus que sympathique et m’a même fait oublier la déception qu’avait été son grand frère.

[critique] The nice guys

Dernier film vu récemment et surtout excellente surprise, The nice guys est clairement un film à voir.

The nice guys - affiche

L’histoire de base, bien qu’assez barrée, est finalement assez basique : Nous sommes à Los Angeles en 1977, et nous avons d’un côté Holland March (Ryan Gosling) détective privé alcoolique, dépressif (et plus si affinité) qui mène l’enquête pour retrouver une certaine Amélia. De l’autre côté, nous avons Jackson Healy (Russel Crowe, gros comme rarement) dont le boulot consiste essentiellement à péter la gueule des gens.

Évidemment, les deux vont se rencontrer et se retrouver embarqués dans une histoire pendant laquelle vous ne verrez pas passer le temps. Tout ça sur fond de jeux de pouvoirs, industrie porno, fêtes géantes et années 70… Un cocktail visuel et sensoriel maîtrisé et assez détonnant!

Souvent présenté comme un buddy movie, The Nice Guys L.A. Detectives (de son titre « français ») n’en est pas vraiment un. Il faut dire que le film réussit à ne pas s’enfermer dans les codes inhérents au genre et à proposer quelque chose de vraiment rafraichissant. La raison de ce tour de force se trouve dernière la caméra (et le scénario aussi), Shane Black connaît son affaire et parvient avec brio à utiliser les clichés qu’il a contribué à mettre en place, tout en évitant de tomber dedans! Balaise le gars!

Cela n’empêche pas l’alchimie entre Russell Crowe et Ryan Gosling de prendre, bien au contraire. Et cela de façon étonnante d’ailleurs. Et assez inattendue!

Vrai buddy movie sans toutefois en être vraiment un, The nice guys est un film à part, une vraie enquête policière torturée et biscornue, qui transpire les années 70 mais qui contient pourtant des moments très drôles voire tout simplement désopilants.

N’y a-t-il donc rien qui cloche dans ce film? Et bien honnêtement, non, je n’ai rien à lui reprocher. La réalisation est maîtrisée, les acteurs jouent justes, les répliques sont ciselées et les péripéties sont nombreuses, le tout finissant en feu d’artifices…J’en dirais bien plus mais il vaut mieux découvrir tout cela dans le film. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je n’ai même pas mis de bande annonce dans cet article car elles racontent et montrent vraiment trop de choses!

Définitivement le film à voir en ce début d’automne!

[critique] Ash vs. Evil Dead

Évidemment, vous connaissez et vous aimez Evil Dead et ses suites, la série de films cultes de Sam Raimi avec l’incomparable Bruce Campbell. Et bien je vais vous parler de son improbable suite sous forme de série télévisée, sortie l’année dernière, soit 23 ans après le dernier épisode de la trilogie (L’armée des ténèbres – 1992) et 34 ans après la sortie du premier film! (Evil Dead – 1981)

Ash Vs. Evil Dead-5

Bon, si vous ne connaissez pas cette série, sachez que vous êtes vraiment passé à côté de quelque chose pendant tout ce temps parce que ces films sont tout simplement des perles dans leur genre. Si le premier accuse un peu son âge et le fait d’avoir été fabriqué en mode débrouille avec des potes et des bouts de ficelle, cela n’enlève pourtant rien à ses qualités. Les suites sont quant à elles bien plus abouties et se regardent sans honte en ces heures de glorification du fond vert. Et comme chacune a son propre style bien à elle, on évite la redite. Bref, Evil Dead, c’est tip top et c’est à voir.

Ash Vs. Evil Dead-6Mais qu’est-ce que ça peut bien raconter? Et bien à la base, c’est l’histoire de cinq jeunes vacanciers (dont Ash, notre héros) qui vont passer quelques jours dans une cabane (délabrée) au fin fond d’une forêt plutôt sinistre. Bon, c’est vrai, ça fait cliché de film d’horreur mais ce n’est pas pour rien que c’est un cliché aujourd’hui!  Suite à la découverte d’un vieil enregistrement d’une incantation magique tiré d’un livre maudit, les forces du mal se réveillent et il va s’en suivre un sacré bordel, particulièrement sanguinolent… Evil Dead, c’est le parangon de la comédie horrifique, le summum du burlesque gore. Punchlines mémorables, armes improbables (une main tronçonneuse!!), monstres horribles et politiquement incorrects… Il n’y a décidément que du bon dans tout ça! Après, forcément, si vous faîtes la moue dès qu’on voit une goutte de sang, ça va être un peu difficile d’aller au bout de tout ça…

Mais assez parlé des films, sinon on y sera encore demain, et attaquons-nous à ce qui nous intéresse aujourd’hui, la toute nouvelle série télé, astucieusement nommée Ash vs. Evil Dead.

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