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[critique] Orion – Masamune Shirow

Orion (ou Senjutsu Chōkōkaku Orion de son titre original) est un manga de Masamune Shirow sorti à la fin de l’année 1991 au Japon. Quand il sort ce manga, Masamune Shirow n’en est pas à son coup d’essai car il est déjà l’auteur d’Apple Seed et de Ghost in the Shell, ce qui, il faut l’avouer, permet de se la péter un peu en société!

Orion - Tome 1 (Senjutsu Chōkōkaku Orion)

One shot en deux volumes, Orion n’a pas eu le même succès que ses deux illustres ainés mais ça ne l’a pas empêché d’arriver jusque chez nous, et assez tôt qui plus est puisque c’est en 1994 et 1995 que les deux volumes dont il est question ici ont été édités par Glénat. D’ailleurs, ces deux tomes sont au format 195 mm x 293 mm avec une couverture rigide cartonnée, dans le style de ce qui avait été fait à l’époque pour Akira par Katsuhiro Otomo.

Pour ma part, c’est à cette période que j’avais lu cette histoire pour la première fois, ce qui, en passant, en fait surement un des premiers manga que j’ai dû lire. Et si je les ai acheté aujourd’hui (enfin, façon de parler, cet arrivage n’est évidemment pas d’aujourd’hui même, vous vous en doutez bien!), c’est que bien sûr, cela m’avait bien plu. Mais qu’en est-il après tout ce temps? La passion a-t-elle survécu? Cette histoire a-t-elle été épargnée par les années?

Orion - Tome 2 (Senjutsu Chōkōkaku Orion)

Et bien pas de faux suspens, la réponse est clairement oui. Cette œuvre est tout simplement une petite bombe. Injustement méconnue. Et c’est là où la rédaction de cet article se corse. Comment faire passer le plaisir, que dis-je, le bonheur que j’ai eu à (re)lire cette histoire alors qu’elle est globalement inracontable? Car Orion propose une histoire et un univers foutraques et foisonnants, un monde où science fiction et magie, religions et psychologie se mêlent et se mélangent dans lequel un esprit trop cartésien pourrait avoir du mal à entrer, et à un rythme qu’il peut être difficile de suivre. Bref, le genre de trucs « qui doit être bien à lire« … mais alors à expliquer/raconter…

Essayons tout de même.

Dans un univers futuriste dans lequel la magie a investi (si ce n’est remplacé) la technologie, le Docteur Hebime veut invoquer un naga à neuf tête pour incinérer tout le karma négatif du monde. Tout le monde n’est pas d’accord (sur la façon de faire) et il se heurte notamment au clan Fuze. Vaisseaux spatiaux, explosions dantesques, combats de soldats en armure, invocations et j’en passe; nous voilà au cœur d’un affrontement au milieu duquel on retrouve notamment Seska (la fille du chef du clan Fuze et accessoirement notre héroïne), le dieu Susano Orbatos et le docteur Hebime (et donc l’empire Sokoku pour lequel il bosse). Et ce que je vous raconte là n’est que la partie émergée de l’iceberg!

Et tout ça est bourré de technobabble scientifico-magico-religieux. On fait difficilement plus ésotérique! Et comme il se passe 1 million de choses dans ces 2 fois 216 pages, autant vous dire qu’il faut accepter de se laisser porter par l’histoire. Tenez-vous le pour dit, les explications sur les fonctionnements de ce monde seront au mieux succinctes (et parfois sacrément nébuleuses!).

Pourtant, la narration est excellente, portée par un dessin fabuleux et un charadesign de très bonne facture. Le trait est dynamique et le style sait s’adapter à la situation (comique/sérieux/grandiloquent/mystique…). Par ailleurs, les plans sont bourrés de détails et si on est parfois déboussolé par la succession d’événements, leurs pourquoi et leurs comment, on n’est finalement jamais perdu par ce qui se passe devant nos yeux (ébahis)!

Et c’est surement là le génie de Masamune Shirow (au delà du fait de super bien dessiner!) : il arrive à produire une histoire (et un univers) extrêmement dense (bordélique diront certains) qui semble partir dans tous les sens mais avec juste ce qu’il faut de maîtrise pour que ça tienne debout! Résultat, on est devant une aventure époustouflante, presque épuisante, dont on ne ressort pas complètement indemne. Un peu comme si on avait couru un marathon sur le rythme d’un sprint! Le rythme est effréné mais le jeu en vaut clairement la chandelle.

Moins cérébral qu’un Apple Seed et beaucoup moins qu’un Ghost in the shell, Orion est aussi beaucoup plus divertissant. Indubitablement un must have de mon point de vue, pour peu qu’on veuille bien se laisser happer par l’histoire et qu’on accepte ses contraintes.

 

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Découverte ou transmission : le dilemme de l’envol

Aujourd’hui j’aimerai parler d’un sujet un peu plus sérieux que d’habitude. Non pas que je ne prenne pas les jeux vidéo au sérieux (ce serait mal me connaître) mais dans le sens où ici, il y a matière à réfléchir (et à réflexion). C’est un article que j’aurai dû publier cet été, mais voilà, il arrive maintenant 😛

spirou - la vallée des bannisCela fait quelque temps que je fais face à un dilemme que j’aime à appeler le dilemme de l’envol. Pourquoi de l’envol? Parce qu’il se présente pour la première fois quand on a quitté le nid, pour ensuite devenir encore plus pressant quand on devient parent, surtout quand les enfants se mettent à être interactifs, voire à savoir lire.

La situation initiale du problème est assez simple à poser : depuis toujours, j’adore les BD. J’en ai eu des tas, j’en ai encore des tas et j’en ai lu bien plus encore.

Baigné dans la BD franco-belge depuis tout petit, j’ai découvert avec plaisir les manga quand ils ont débarqué en France et j’ai tout autant adoré ces BD nipponnes que celles plus francophones que j’avais pu lire et relire dans ma jeunesse.

Un peu plus tard, j’ai plongé dans les comics DC et d’ailleurs (jeux de mots à lire en anglais) avec tout autant de bonheur et c’est aujourd’hui le type de bandes dessinées que j’achète le plus.

Aujourd’hui, quand je regarde ma bibliothèque, il y a tout un tas de BD divers et variées que j’adore pour la plupart. Seulement il manque énormément de grands classiques. En fait c’est assez simple : la plupart des BD que j’ai lues étant enfant sont absentes de ma collection! Pas de Tintin, de Spirou, de Lagaffe, de Schtroumpfs, de Lucky Luke ou même de Dragon Ball!

Dragon Ball - Tome 1Il faut dire que c’est assez logique. Une énorme partie de la collection que j’ai lue et relue chez mes parents n’appartenait pas vraiment à quelqu’un en particulier, et elle était autant à moi qu’à mes frères et sœurs ou à mes parents. Toutes ces BD sont donc restées à leur place et pour ma part, j’ai commencé par acheter des choses que je n’avais pas lues et relues. En effet, à quoi bon racheter des choses que j’avais l’impression d’avoir toujours eues? Et que je connaissais tellement qu’il me suffit quasiment de fermer les yeux pour les « relire »!

Et c’est là où la situation est particulièrement frustrante : les éléments premiers de ma culture bande dessinesque sont pour moi intransmissibles (dans leur forme originale) à mes enfants! Alors que ma première fille commence à savoir lire et sera bientôt susceptible de lire des BD, elle ne saura pas qui sont ces héros qui représentent tant pour moi!

Cette frustration peut se régler assez facilement me direz-vous : il suffit d’acheter les-dites BD et le problème sera réglé! C’est tout à fait exact, sauf qu’à moins d’avoir une place et un budget illimités, c’est difficilement envisageable… Arrive donc le fameux dilemme lors de l’achat d’une nouvelle BD : Vais-je acheter un nouvel album que je ne connais pas ou alors me tourner vers un classique qui m’a déjà fait rêver par le passé? Qu’est-ce qui est le plus important? La découverte ou bien la transmission?

Globalement la réponse se trouve évidemment dans un juste milieu. Il est tout autant dommage de se détacher complètement du passé qu’il ne le serait de ne jamais découvrir de nouveaux horizons. Mais si la réponse est évidente quand on prend le problème dans son ensemble, il n’empêche qu’il n’est pas évident d’y répondre le moment venu, quand on est dans le magasin, la carte bleue à la main. D’autant plus que certaines séries représentent un nombre de volumes conséquents.

DeadpoolC’est par exemple facile de se dire qu’on va acheter du Tintin à la place d’un nouveau Deadpool ou du dernier manga à la mode. Mais si on parle de l’ensemble des 22 albums du journaliste à la houppette, les sommes ne sont pas comparables! Et si on décide de répartir l’investissement tout au long de l’année histoire de garder un budget BD mensuel sous un seuil raisonnable, c’est un coup à ne rien lire de nouveau avant un bon moment! Et Tintin est une série au nombre d’opus assez faible. Je ne parle même pas d’une série comme Dragon Ball avec ses 42 volumes ou d’autres séries fleuves!

La solution n’est finalement pas si facile (mais bon, ça ne serait pas vraiment un dilemme sinon!) et comme petit à petit, la place vient à manquer, les choix deviennent mécaniquement de plus en plus difficiles

Alors du coup, on fait quoi? Et bien je n’en sais rien, je n’ai pas de réponse toute faite universelle. Mais ce qui est sûr, c’est que de mon côté, je vais faire quelques modifications dans ma liste des trucs à acheter car certains manques sont trop importants. La difficulté sera évidemment de choisir quel manque sera comblé en premier!

C’est amusant, je n’ai jamais vu les BD que je possède comme une collection, et pourtant aujourd’hui, je vais devoir me pencher sérieusement sur l’aspect gestion de cette collection…

Gnap Gnap

[arrivage] Des BD par milliers!

Bonne année tout le monde! Avez-vous pris plein de bonnes résolutions? Est-ce que vous les avez déjà révisées? 😀

En passant, je vois que ça fait près d’un mois que je n’ai rien posté ici! Pourtant j’ai plein de trucs dans ma pile d’articles mais le temps file à une vitesse!!! Enfin, bon, on n’est pas là pour parler de ça, mais pour voir ce qu’il y avait dans ce gros carton!

Et c’est un gros gros arrivage de BD à la maison juste avant Noël avec des choses diverses et variées. Et d’ailleurs je n’ai eu le temps de lire aucune d’entre elles! Il faut dire que les vacances de Noël sont traditionnellement des vacances pendant lesquelles on n’a pas le temps de faire grand chose (voire rien du tout même!), et le fait d’avoir des enfants n’aide vraiment pas à faire mentir ce vieil adage…

Des BD par milliers

Bref, ce (petit) carton est arrivé à la maison un peu avant le passage du gros barbu et contenait une (petite) quinzaine de BD, avec des comics et des manga.

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[arrivage] Nicky Larson ne craint personne…

Parce que les soldes, ce n’est pas qu’acheter des nouvelles paires de chaussures trop petites, j’ai été faible au détour d’un mail pour rien de moins que l’intégrale de Nicky Larson!

Nicky Larson - intégrale

Nicky Larson - jaquette3 grosses boîtes, 4 saisons, 28 DVD, 140 épisodes et plus de 57 heures de conneries, de classe, de flingues, de culottes, de perversion, de fusillades, de romance, de maillets, de chatons et d’explosions. Voilà ce qui est au programme de cette intégrale DVD de Nicky Larson. Et tout ça en version non censurée s’il vous plaît! Et pour les puristes (ou les intégristes),  cette édition contient les pistes sonores à la fois en V.O. et en V.F. (les deux sont apparemment en mono cela dit).

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[critique] Deadpool raconte sa vie. Ou pas.

Arrivé il y a bien longtemps maintenant, je vous présente « Il faut sauver le soldat Wilson« , starring le seul et unique Deadpool.

Deadpool - il faut sauver le soldat Wilson

Cet album regroupe les quatre épisodes de la mini série du même nom. On est censé y apprendre les origines de Deadpool. Censé car c’est Deadpool qui raconte cette histoire et rien n’est jamais sûr avec cet animal (fou furieux). L’avantage de cette bédé, c’est qu’elle est accessible au commun des mortels (enfin, il faut passer le cap Deadpool parce que c’est un personnage assez spécial quand même!)

Deadpool étant un personnage schizophrène et mythomane (entre autres choses), son récit est donc du même acabit. On a donc droit à une histoire d’espionnage ultra-violente, à la construction complexe et assez bordélique. Deadpool c’est aussi un petit rigolo, il fait donc des apartés plus ou moins humoristiques (avec les autres personnages ou directement avec le lecteur comme lui seul sait le faire) pendant son récit et même dans ses flashback. Du coup, ça oscille entre le burlesque et l’ultra violence. Et pourtant, l’auteur arrive à raconter une histoire! Rien que ça, c’est assez fort!

Si certains ressorts sont un peu éculés et que d’autres ficelles sont un peu faciles, l’histoire se lit sans aucune difficulté et on passe un très bon moment. Tout ça étant enrobé de multiples références, d’humour et de second-degré.

De son côté, le dessin est de très bonne facture et s’accorde parfaitement avec le sujet. Assez réaliste la plupart du temps, le dessinateur sait basculer dans un genre hyper caricatural (limite manga) pour souligner la folie de son personnage et de son récit.

Cela en fait-il un album culte pour autant? Pas à mon sens. Il lui manque un petit quelque chose qui ferait avoir des étoiles dans les yeux quand on en parle. Mais un très bon livre, assurément.

[arrivage] Dr. Slump – Tome 8

Dr Slump - Tome 8

Arrivage du 8ème tome de la Perfect Edition de Dr. Slump édité par Glénat. Ce volume complète la collection commencée ici et me permet de posséder maintenant plus de la moitié des albums de cette édition (qui compte 15 volumes rappelons le).

Dr Slump - Tome 8 (dos)
Au programme, l’arrivée des Tsun, et un bon vieux tournoi sportif, histoire faire se confronter nos héros les uns aux autres.

C’est toujours n’importe quoi et c’est toujours très marrant 🙂

[critique] Sacré professeur Slump, tu es un farceur…

sacré professeur Slump génie au grand coeur…

🙂

Dr. Slump - colis

Gros arrivage pour un monument du manga, en l’occurrence Dr. Slump (vous l’aviez d’ailleurs évidemment deviné grâce à la chanson 😉 )

Dr. Slump - box opening

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